Le PS n'en peut plus de leur double défaite de mai et juin. Et là ils sont passé au stade supérieur dans leur excès de "revanchardise".
On avait l'habitude d'une certaine stigmatisation mal masquée et maladroite du type "sarko-facho-mais-je-ne-l'ai-pas-dit", sous les arguments médiocres de la "super-présidentialisation" de Sarkozy, tendant à sous entendre qu'un super président, c'est un peu un dictateur en devenir.
Faire peur, terroriser même, en politique, c'est une arme bien rodée qui a toujours fait preuve d'une efficacité sans faille. Et ce n'est pas au PS qu'on l'apprendra.
Mais là, après des avalanches de sous entendus, le parti socialiste fait fort et utilise sans réserve les mots eux même qu'ils n'osaient jusqu'ici employer, de peur de faire "too-much" : en particulier le
nazisme!

Et nous y voilà. C'est
Elisabeth Guigou qui s'y est collé (eh non, même Montebourg n'a pas osé, c'est dire!), en ouvrant le bal mardi 8 janvier au soir, à l'assemblée nationale lors de l'examen du texte de Rachida Dati sur la rétention des criminels les plus dangereux.
C'est une intervention lamentable, mais tout autant savoureuse. Car comme démonstration d'incapacité à trouver des arguments à la hauteur, on détient le pon-pon. D'ailleurs cela porte un nom : le
point Godwin,
dont voici l'explication technique, pour ne pas dire scientifique. La loi est vérifiée intégralement : le degré zéro de l'argumentation dans un débat est atteinte!
Pour expliquer rapidement, si on est en désaccord avec quelqu'un dans un débat, et qu'on est incapable intellectuellement d'argumenter, la discussion se finira par des injures se rapportant à ce qu'il y a de pire : le fascisme, le nazisme. On dit alors être "au point Godwin".
Voici ses propos :
«Vous, madame la ministre, vous, monsieur le rapporteur, anciens magistrats, vous tournez le dos à Beccaria nourri de la philosophie des Lumières, vous choisissez Lombroso et son ‘homme criminel'. Or, vous le savez, c'est cette philosophie positiviste qui a conduit aux pires débordements de l'Allemagne nazie»Puis elle s'explique après coups, à la suite de l'indignation de l'UMP :
«Je ne dis pas que ce texte veut ces dérives, je dis qu'il peut les entrainer. Le gouvernement et la majorité ne mesurent pas la gravité de ce changement de philosophie dans la justice. Ils tournent le dos aux acquis de la Révolution qui veulent qu'on condamne les gens pour ce qu'ils ont fait, pas pour ce qu'ils sont, ni pour ce qu'ils sont susceptibles de faire»"Je dis qu'il peut les entrainer" : retour à la bonne vieille méthode : "je n'ai pas dit, mais il se peut que, et s'il se peut...". Elisabeth Guigou ne se mouille pas trop, et retourne aux sous-entendus. Excellent concept qu'on doit apprendre chez les jeunes socialistes, surtout en ce moment, et qui est devenu, à force de défaites, un reflexe pavlovien : quand on a pas d'arguments, faites des procès d'intention, ça marche toujours.
La Révolution : Il faudrait réviser son histoire ou utiliser d'autres références, il n'est pas certains que tous les guillotinés étaient par exemple des criminels en puissance. Certains n'avaient d'ailleurs eu que pour tord d'être nés dans une classe bourgeoise ou noble. Dommage pour eux. En voilà un bel exemple de justice donné par une ancienne garde des Sceaux!
Petit rappel, les pays scandinaves et la Grande-Bretagne utilisent déjà ce principe. Les criminels "lourds" ont un traitement spécial chez eux... sont-ils pour autant des dictatures sanguinaires?
Comme à son habitude, au PS, on préfère chouchouter les assassins, violeurs, fraudeurs que de s'intéresser aux victimes. Politiquement et à terme c'est se tirer une balle dans le pied. Mais n'est pas bobo qui veut.
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